Le club ferroviaire pepin veut remettre les jeunes sur les rails du modélisme

PEPINSTER

Plus de 70 ans d’existence, ça se fête. Le Royal Club Ferroviaire de l’Est de la Belgique (RCFEB) va ouvrir les portes de son univers pendant 3 jours. Parfois jugé « d’un autre temps » mais « à tort », pour son président qui a bon espoir d’une relève de la jeunesse.

À Pepinster, les trains ne circulent pas seulement sur les rails de la SNCB, avenue Albert 1er, ils roulent aussi en miniature juste à côté, là ou le Royal Club Ferroviaire de l’Est de la Belgique (RCFEB) a déposé ses valises, et s’apprête à ouvrir ses portes au public ces 14, 15 et 16 août 2026.

Baptisée « La gare prend le train », cette édition a une saveur un peu particulière pour les membres du club qui fête ses 70 ans d’existence. « 72 pour être précis, lance le président, l’Ensivalois Gilbert Hayot, Mais comme on a été contraint de déménager de la rue de la Chapelle, on n’avait pas su célébrer  » ce chiffre rond à l’époque. « C’est magnifique d’avoir 70 ans d’existence et de voir l’évolution que le club a pu connaître. » souligne-t-il. Une longévité dont les membres, qui ne sont pas moins de 110, sont fiers, puisque le RCFEB compte parmi les plus anciens clubs de modélisme ferroviaire de Belgique. Né en 1954 de la volonté de quelques passionnés, le club « s’est développé au fil des décennies » malgré des périodes plus difficiles. « Mais l’important, c’est qu’il a continué.« 

Onze réseaux, cinq échelles et trois régions du monde

Pour ces portes ouvertes, les visiteurs pourront découvrir un véritable univers ferroviaire miniature installé sur quelques 350 m2. Pas moins de 11 réseaux fonctionnels seront présentés représentant 5 échelles différentes. Le voyage traverse trois grande région du monde : la Suisse, les Etats-Unis et l’Europe au sens large. Certains décors replongent directement les visiteurs dans leur environnements familier. « Des sites de la région verviétoise sont tous construits par les membres du club, plus ou moins à l’échelle » , explique Gilbert Hayot. Parmi les reproductions, on retrouve notamment la gare de Verviers, le viaduc de Dolhain-Limourg, le Château de Franchimont ou encore le rond-point des Vaches. Les réseaux ne se limitent toutefois pas aux paysages. Les visiteurs pourront également observer les techniques de construction, la décoration, l’électronique et la conduite numérique des trains.

Au total, près de 500 mètres de rails serpentent dans les installations du club. Parmi les nouveautés figure un réseau baptisé « train de jardin », réalisé à l’échelle 1/32e, une création imaginée par les membres du RCFEB. Le club a également récupéré, il y a une dizaine d’années, l’ancien réseau Réducta du Grand Bazar de Verviers. « On l’a descendu du troisième étage par les escaliers. Et nos tibias s’en souviennent toujours » ! , souris le président. 

Pour le visiteur, « l’émerveillement » se trouve aussi sous les décors. Derrière les paysage minutieusement reproduits « se cache des kilomètres de câbles et une véritable machinerie technique. C’est à voir aussi« .

Rameuter les jeunes

En ouvrant son univers au public, le club entend aussi montrer que le modélisme n’appartient pas au passé. La question de la relève reste centrale. « Malheureusement, on a tous dans la septantaine. On aimerait remettre les jeunes au goût du modélisme« . Pour attirer ce public, un espace spécifique sera consacré aux enfants. Ils pourront découvrir les bases du modélisme, construire et faire circuler un train sur un petit circuit. « Quand on voit le temps qu’il faut pour construire un réseau, cela peut décourager les jeunes« , reconnaît le président. Dans un monde dominé « par les réseaux sociaux, les jeux vidéo et la recherche du côté rapide des choses« , la patience nécessaire à la construction d’un réseau peut rebuter. Pourtant, « l’électronique, la commande par smartphone, tablette ou ordinateur » pourraient justement être une porte d’entrée vers les nouvelles générations.

Le club réfléchit également à des partenariats avec les écoles, à des stages et à des activités intergénérationnelles. Il souhaite aussi attirer davantage de femmes. « Ce n’est pas un hobby machiste. Les dames n’ont pas à avoir peur, elles sont les bienvenues« . Et puis le RCFEB, c’est plus qu’un groupe de modélisme, « c’est une bande de copains. On est ouvert le lundi après-midi et le vendredi soir, on accueille ceux qui viennent bricoler, discuter, boire un verre ou simplement rompre la solitude« .

Article écrit par Sarah Rentmeister et publié dans l’Avenir Verviers du jeudi 13 août 2026.